hiver

Chaque hiver, un troupeau d’une vingtaine de chamois se regroupe dans un bel endroit du Val-de-Travers dès l’arrivée des premières neiges pour affronter la saison froide. Vêtus d’épais manteaux noirs remplaçant leurs robes fauves aux confins de l’automne, les chamois ressemblent à de petits lutins grattant inlassablement la neige avec leurs pattes pour trouver quelques herbes nourrissantes.

Durant l’hiver, les animaux sauvages sont particulièrement vulnérables aux dérangements humains. Face à un bipède, armé d’un fusil ou uniquement de bonnes intentions, le chamois, chevreuil ou lièvre choisira toujours de s’échapper sitôt la distance « de fuite » franchie. Lors de jours froids, ces efforts inutiles engendrent de fortes dépenses caloriques qui peuvent avoir de funestes conséquences.

Pour réaliser ces deux images sans causer la fuite des chamois, j’ai choisi de m’installer discrètement au pied d’un grand sapin à une cinquantaine de mètres du troupeau qui était déjà présent dans le pâturage boisé. D’abord méfiants, les chamois ont rapidement repris leurs activités et se sont gentiment approchés de ma position. Après deux heures de patience, une partie du troupeau n’était plus qu’à une quinzaine de mètres. L’occasion de mettre en boîte quelques images, puis de boire une tasse de thé en attendant qu’ils s’éloignent afin de pouvoir m’éclipser sur la pointe des pieds.

Neuchâtel, le 19 janvier 2015


Débuter une nouvelle année raquettes aux pied dès les premières heures du jour, voilà une expérience nouvelle que je souhaitais tenter depuis longtemps sans jamais la concrétiser.

Bien décidé à débuter l’année dans la nature, c’est dans la nuit noire que je suis parti en direction du Creux-du-Van, avec l’intention d’assister à la naissance du premier jour de l’an. La route n’étant pas dégagée durant l’hiver, c’est raquettes aux pieds qu’il faut aborder les derniers kilomètres menant aux abords de la ferme du Soillat. L’effort léger nécessaire pour gravir les quelques dizaines de mètres de dénivelés faisait allègrement oublier les – 9 degrés ambiants. Sur la route, les traces fraîchement imprimés dans la neige d’un lièvre me rappelait que même en l’absence des Hommes, on n’est jamais vraiment seul dans la nature.

Arrivé aux abords du mur de pierre sèche entourant la falaise juste à l’heure pour apercevoir les premiers rayons du soleil perçant derrière les alpes bernoises, j’étais heureux d’assister à ce magnifique spectacle offert par la nature. Le temps de faire quelques clichés et il était déjà temps de rebrousser chemin pour aller boire une tasse de thé et souhaiter la bonne année aux proches restés bien au chaud dans leurs lits en contrebas. Si les bouquetins ne sont pas montrés ce matin là, un lièvre s’est brièvement montré sur le chemin du retour. Etais-ce lui qui me devançait à la montée? Mystère…

Je profite encore de ce premier article de l’année pour vous présenter mes meilleurs voeux pour 2015, et vous remercie de suivre ce blog photographique.

Val-de-Travers, le 10 janvier 2015


Dans leur course perpétuelle, le jour et la nuit ne se valent que deux fois l’an, à l’équinoxe de printemps et d’automne. Ce dimanche matin, la nuit n’avait jamais été aussi longue;  le solstice d’hiver était à l’honneur.

Le lever de soleil n’étant prévu que tardivement, cela m’offrait une belle occasion d’assister à la naissance d’une nouvelle journée sans que le réveil ne sonne trop tôt. Sur les hauteurs du Creux-du-Van, le silence et la quiétude étaient parfaits. Les bouquetins n’avaient pas encore fait leur apparition sur les pâturages bordant le cirque, mais le vrai spectacle était ailleurs. Le ciel, telle une aquarelle géante, s’est progressivement paré de ses plus belles couleurs. Changeant de minute en minute, le ciel sombre de fin de nuit a laissé la place au soleil vers 8h15. Le jour le plus court de l’année est né…

 

Creux-du-Van, le 21 décembre 2014

 

 


Si la neige ne fait qu’une timide apparition sur les crêtes du Jura neuchâtelois, l’hermine a déjà sorti sa robe d’hiver du placard et attend de pied ferme que la nature se pare de son manteau immaculé…

Val-de-Travers, le 7 décembre 2014


La brume du matin, comme un voile de mariée, s’est déposée sur les paysages immaculés du Vallon.

En se dissipant progressivement, elle permet de percevoir petit à petit les contours du décor environnant.

Puis soudain, l’oeil perdu dans tout ce blanc semble distinguer d’imperceptibles mouvements au coeur du champ.

Ces silhouettes en ombres chinoises se dévoilant gentiment s’avèrent finalement être quatre chevreuils broutant paisiblement.

Camouflés par quelques fines gouttes d’eau en suspension, ces derniers auront échappés à mon regard durant un long moment…

Val-de-Travers, le 2 mars 2014

 


Afin de ne pas effrayer inutilement les animaux qui ont besoin de conserver de précieuses calories,  j’essaie de proscrire l’approche photographique durant l’hiver.  Je me suis donc résolu à une balade à découvert en espérant peut-être découvrir de nouveaux « spots » photographiques à visiter prochainement durant ce week-end.

Après quelques pas, j’ai observé un curieuse agitation à l’orée de la forêt: un petit groupe de trois chevreuils (un brocard arborant des bois de velours et deux chevrettes) ont déboulé du bois, traversé un pâturage pour finalement aller se cacher dans un bosquet situé plus au sud. Cette course folle est-elle due à un dérangement humain? A la présence d’un chien détaché? Ou alors est-ce que le lynx était dans le secteur? Je suis resté un moment à observer la lisière de la forêt sans voir l’ombre d’un promeneur, ni entendre le moindre aboiement.

Je garde donc espoir que le lynx n’était pas loin, ce qui me permet de rêver à une prochaine rencontre avec ce fabuleux prédateur…

Val-de-Travers, le 24 février 2014